Artkatana
Types de kissaki (pointe) et mune (dos)
Kissaki
Le Kissaki est à proprement parler la zone délimitée par le yokote, le ko-shinogi, le fukura et le munesaki.
Il existe plusieurs types de kissaki. Les plus courant sont dans l'ordre de longueur le Ko-kissaki, le Chu-kissaki ainsi que le O-kissaki. Le Ko-kissaki, court donc, était surtout produit à la fin de la période Heian/début Kamakura et se retrouvait surtout sur les tachis. Le Chu-kissaki, de longueur moyenne, est le plus courant. Présent à toutes les périodes depuis le milieu Kamakura, sa dimension est un entre deux très apprécié. Le O-kissaki est bien plus long, ayant un aspect moins harmonieux avec le reste de la lame, et lui donnant une apparence plus agressive, surtout rencontré en période Nanbokucho, Shinto et Shinshinto.
Il existe aussi d'autres types de kissaki, moins courants. Le kamasu kissaki (aussi appelé « barracuda » en référence au poisson du même nom et à sa forme) a un fukura court (voir plus bas pour l'explication du fukura) et serait similaire à la pointe de la plus-part des chokutō (lames droites forgées avant le 10ème siècle) et quelques lames aux débuts de la période Koto (présent donc pour les structures en kiriha-zukuri).
Le kissaki ikubi, retrouvé au milieu de la période kamakura, est très court (en général moins long que le saki-haba, soit la largeur de la lame au niveau du yokote).
Enfin le Kissaki moroha zukuri (ou Kogarasu zukuri) est un kissaki plus rare à double tranchant. Inspiré des Jians chinois (type d'épée aussi couramment appelé "Gentleman of Weapons") surtout présent lors de la période Nara (710-794). Le plus connu des sabres de cette forme est le Kogarasu-maru attribué a Amakuni Yasutsuna, père du tachi.
La surface du kissaki est aussi largement influencée par la longueur du fukura, c'est à dire l'arrondi de la pointe.
On parle de fukura-kareru (fukura ressortant peu, assez incisif, souvent présent sur les tanto) et de fukura-tsuku (arrondi et donc ressortant plus, augmentant ainsi la solidité du kissaki en règle générale, ainsi que sa surface, forme la plus courante).
Mune
Le mune ou dos de la lame révèle lui aussi de nombreuses choses sur l'identité du sabre.
Voici les différents types de mune que vous pourrez rencontrer :
Tandis que le Hira mune ou Kaku-mune (mune plat) se retrouve surtout sur les anciennes lames, le Iori-mune ou gyo no mune (mune en forme de « toit ») est très présent depuis la fin de la période Koto. Deux variantes de Iori-mune existent, le mune Hikue (ou Iori Hikushi) et le Takai (ou Iori Takashi, plus marqué), voyez plutôt :
Le Iori Takashi se retrouve beaucoup dans les écoles de tradition Yamato. Le Iori Hikushi se retrouve plus dans la tradition Bizen. Le Mitsu-mune ou Shin no mune est assez proche du Iori-mune mais possède trois faces. Il est relativement présent et très caractéristiques des lames de la tradition Soshu, ainsi que des tantos de la tradition Yamashiro. Certains forgerons renommés de la période Shinto faisaient ce type de Mune. C'était le cas de Umetada Myoju et Echizen Yasutsugu (tout deux de la tradition Soshu). Le Maru-mune ou So no mune (arrondi) est comme le Kaku-mune assez rare. Non pas parce qu'il était présent sur les lames très anciennes, mais parce qu'il était surtout caractéristique de l'école Ko-Aoe ainsi que de certains forgerons bien spécifiques.