Artkatana
Le véritable dernier samouraï
Yoshinobu Tokugawa souhaite moderniser le Japon, il estime que le retard de la nation est important. Mais il doit faire face à des rebellions, les Japonais jugeant que les accords passés en règle générale avec les puissances occidentales sont inégaux et favorisent l'occident. La France soutient le Shogun face à ces révoltes, aide le Japon à s'industrialiser, et fait face à la communauté internationale dans l'intérêt du Japon qui, suite à l'attaque de certains comptoirs occidentaux, est en mauvaise position diplomatique.
C'est dans ce contexte que Jules Brunet participe à la formation de l'armée du Shogun à partir de Janvier 1866 et acquiert rapidement le respect des Japonais. Il a l'esprit vif, est très respectueux et admiratif de la culture Nippone, et a un grand intérêt pour l'art et l'écriture (il est réputé très bon dessinateur et écrivain). Fin 1867 Yoshinobu Tokugawa abandonne ses fonctions de Shogun, et le jeune Empereur Meiji (connu en occident sous le nom de Mutsuhito), prend le pouvoir après plus de 600 ans de Shogunat (gouvernement militaire). Les adversaires de Yoshinobu, partisans de l'Empereur, proposent la mise en place d'un conseil gouvernemental composé des différents daimyos (seigneurs locaux) et éventuellement présidé par Yoshinobu (idée du daimyo modéré du Tosa). Mais le 3 Janvier 1868, les forces favorables à l'Empereur s'imposent et rétablissent le fonctionnement monarchique. Heureux du retour de l'Empereur, ne souhaitant pas que celui-ci soit influencé, et ne voulant pas de Yoshinobu comme président du conseil, ces forces fabriquent un faux arrêté impérial les autorisant à user de la force face à Yoshinobu Tokugawa. Ils le destituent de ses terres et possessions en prenant garde à ce qu'aucun sympathisant ne puisse s'interposer.
Le 27 janvier 1868, les forces de YoshinobuTokugawa sont attaquées aux abords de Kyoto, c'est le début de la guerre de Boshin. Malgré la supériorité numérique des armées du Shogun, l'armée impériale disperse les forces de Tokugawa Yoshinobu grâce à leurs importantes avancées en armement moderne. Léon Roches, ambassadeur français, souhaite une revanche de Yoshinobu dont les hommes sont toujours formés par la mission française. Mais ce dernier refuse et capitule le 27 Avril lorsqu'il constate que les forces adverses se battent toutes avec les bannières de l'empereur et il se réfugie à Edo. La France a alors un devoir de neutralité face à ces événements, la mission Chanoine est terminée et les Français sont priés de quitter le territoire. Mais Brunet refuse, son honneur lui dicte de rester fidèle aux samouraïs qu'il a formés, au Shogun et à leurs souhaits pour l'avenir du Japon. La France ne soutient pas officiellement cette décision, et décide de donner à Brunet un congé sans solde d'un an, durant lequel il n'est plus qu'un simple étranger. Il est cependant soutenu, par l'ambassadeur Roches qui continue de défendre la bonne volonté de Yoshinobu auprès de l'empereur, et par huit officiers français qui viendront rejoindre Brunet au Japon. Grâce à l'artillerie, l'empire contrôle à présent toute l'île principale du Japon (Honshu). Le Shogun se retire et prend avec Brunet le contrôle de l'île de Hokkaido en créant la république d'Ezo sous la direction de Takeaki Enomoto, Tokugawa Yoshinobu s'étant retiré. Brunet continue l'instruction de l'armée du Shogun, et organise avec Roches la défense de l'île qui est prise d'assaut le 30 juin 1868. Mais à ce moment l'armée du Shogun a trois fois moins de soldats.
La résistance est héroïque, mais Brunet et les hommes du Shogun sont battus en mai 1869, avec lors du dernier combat 800 hommes face à 10000 impériaux. Les officiers français sont rapatriés.

Brunet est alors suspendu pour ingérence dans les affaires d'un pays étranger. La torture étant courante au Japon à l'époque, la France refuse néanmoins de le livrer aux autorités Japonaises. Certains penseront que Brunet a été définitivement révoqué, en réalité la France lui demandera d'être discret et ses actes ne seront pas réellement condamnés au delà de l'apparente sanction validée par Napoléon III. Alors que le Japon s'estime satisfait de la sanction, Brunet est discrètement nommé directeur adjoint d'une manufacture d'armes. Après quelques années, Brunet poursuivra ses actions militaires en tant que capitaine du 8ème régiment d'artillerie lors de la guerre franco-allemande. Il deviendra officier de la légion d'honneur, et poursuivra un cursus militaire des plus honorables en devenant commandeur de la légion d'honneur et en finissant sa carrière en tant que général.
Mission française au Japon. Capitaine Chanoine debout au centre, Jules Brunet est assis juste à la gauche du capitaine.